Des pavillons perchés sur les toits: le HLM innove près de Paris

Publié par Catherine Quintard le 06/02/2012 | Immobilières

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Jean-Pierre Marx va perdre quelques m² mais il va prendre de la hauteur : quittant sa barre HLM promise à la démolition, ce chauffeur routier va bientôt emménager avec sa famille dans un pavillon flambant neuf perché sur un toit, à 25 m de haut. 

"C'est sûr qu'au début, quand on voit ça, ça fait un peu bizarre mais en visitant, j'ai eu un coup de coeur. C'est comme une maison à la campagne", glisse-t-il en songeant aux futurs barbecues sur sa terrasse, nichée au coeur de la cité des Mordacs de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). 

Des pavillons sur les toits ?
L'idée a germé dans l'esprit fantasque de l'architecte Edouard François, choisi par le bailleur Paris-Habitat pour concevoir 114 logements sociaux neufs et redynamiser ce grand ensemble de béton grisâtre tout droit sorti des années 60.
 "Il y a un peu d'humour mais je voulais surtout qu'en voyant ça, les gens se disent waouh! C'est là que je veux habiter!", explique cet architecte, notamment connu pour sa "Tower-Flower", un immeuble dans le nord de Paris entièrement ceint de bambous en pots.
A Champigny, Edouard François a voulu réaliser "un collage urbain" empilant les différents types d'habitats de la ville: les maisons anciennes forment une première strate sur laquelle se pose un échantillon de barres HLM, le tout surplombé par six pavillons modernes dont certaines extrémités sont suspendues dans le vide.

Chez Paris-Habitat, maître d'ouvrage, on concède que les travaux d'un coût total d'environ 19 millions d'euros n'ont pas toujours été "évidents" mais revendique le droit à l'innovation. 
"Dans le logement social, on est davantage prêt à prendre des risques que dans le parc privé. On ne cherche pas à avoir une marge de rentabilité et on sait que les logements n'ont pas vocation à être revendus. On a donc intérêt à ce que ça dure dans le temps", assure une porte-parole du bailleur. 
Quant à M.Marx, il asssure que cela "va changer la vie", sans changer son loyer de 500 euros.

Source AFP