Tarifs et crédits: UFC-Que Choisir place les banques sous surveillance

Publié par Catherine Quintard le 17/01/2012 | Immobilières

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L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a fait part de sa crainte de voir la perte du AAA de la France se répercuter sur les consommateurs via un renchérissement du crédit et des frais bancaires dans les banques, qu'elle a décidé de placer "sous surveillance".

Anticipant d'éventuelles répercussions abusives, UFC-Que Choisir annonce dans un communiqué publié hier, la mise en place d'un observatoire des pratiques tarifaires des banques après la dégradation de la note souveraine française, et demande au ministère de l'Economie de veiller à ce qu'elle "ne se traduise pas une surfacturation" sur les clients.

"La baisse de la note française va automatiquement dégrader les banques françaises", écrit l'association, qui redoute une propagation à la sphère des banques commerciales avec une "crise de défiance" entre les établissements qui se traduirait par une hausse des taux d'emprunt et une raréfaction du crédit.

UFC-Que Choisir s'alarme également d'une éventuelle répercussion sur le crédit immobilier, produit d'appel des banques pour fidéliser les clients, via des hausses des frais bancaires. (Source AFP)

Côté courtiers, les avis divergent quant à l’ampleur et le calendrier de la hausse des taux.

Selon Maël Bernier, porte-parole du courtier Empruntis.com, "l’Etat Français, qui emprunte aujourd’hui à des taux autour de 3 %, pourrait se voir proposer des taux de 3,50/4,00 % en raison de son déclassement". Soit une hausse de 50 points de base qui devrait "d’ici quelques mois, fin juin au maximum" se répercuter dans les taux des crédits accordés par les banques.
Un emprunt sur une durée de vingt ans, assorti aujourd’hui d’un taux de 4,20 % en moyenne, serait donc proposé à 4,70 % d’ici la fin du semestre.

Plus prudent, Meilleurtaux.com, estime pour sa part que la perte du triple A n’aura pas d’"effet immédiat sur le niveau des taux des crédits immobiliers".
Le courtier fait notamment valoir que les banques ont déjà largement eu le temps d’anticiper la décision de Standard & Poor’s, et ne l’ont pas attendue pour commencer à reconstituer leurs marges.
Il constate en outre que l’OAT 10 ans, le taux d’emprunt d’Etat à long terme, est restée quasiment stable depuis l’annonce de la dégradation : de 3,03 % le 13 janvier (avant l’annonce de la décision de S&P), elle n’est montée qu’à 3,10 % le 16 janvier.
Sandrine Allonier, responsable des études statistiques de Meilleurtaux, estime qu’"il est très difficile de prévoir ce qui va se passer dans les prochains mois. Mais pour le moment, il semble que la remontée des taux aux particuliers sera graduelle et modérée". (Source:lavieimmo.com)