Berlin : les artistes ne squattent plus, ils investissent dans la pierre

Publié par Catherine Quintard le 18/08/2011 | Immobilières

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Les artistes bohèmes exilés sont en effet de plus en plus nombreux à investir dans la pierre, faisant ainsi monter les prix immobiliers de la capitale allemande.

Réalisateur et producteur de films d'animation, l'Argentin Alberto Couceiro, installé depuis 18 ans dans cette ville, a déboursé il y a deux ans 60.000 euros pour 120m2 dans le quartier de Neukölln.

"C'était un ancien jardin d'enfants au rez-de-chaussée d'un immeuble que nous avons reconverti en studio d'animations", raconte ce quadragénaire, récompensé à Cannes pour son court-métrage TV city.
Une opération immobilière qu'il ne pourrait plus réaliser aujourd'hui.

"Ces trois dernières années, les prix des loyers et des achats ont crû entre 6 et 10%. Et dans les quartiers populaires du centre devenus branchés, ils ont grimpé de 20 à 30%", explique Andre Adami, expert de la société d'études, BulwienGesa.

"Au début des années 1990, on s'attendait à voir grandir Berlin rapidement. Certains prévoyaient 5 millions d'habitants. Du coup, on a construit dans tous les quartiers. Actuellement, la ville en compte 3,5", souligne M. Adami.
... Mais faute de nouveaux venus, les prix de l'immobilier ont dégringolé.

C'est avec le déménagement du gouvernement allemand de Bonn à Berlin à l'été 1999 que la métropole a retrouvé son pouvoir d'attraction: politiques, journalistes, lobbyistes y ont emménagé.
Et la rénovation à coup de couleurs vives, jaune citron, vert pistache et rose des immeubles de l'est de la ville, aux façades encore impactées par la mitraille, stigmates de la seconde Guerre Mondiale, s'est accélérée.
Peu à peu, la capitale allemande est devenue à la mode, visitée par des cohortes de touristes alléchés par ses petits prix, sa vie nocturne et son abondance culturelle.

"Ces dernières années, le nombre de peintres et sculpteurs étrangers a fortement augmenté", précise Marco Mundelius, chercheur spécialisé dans les artistes à l'institut économique DIW à Berlin. Il estime à environ 10% la proportion d'artistes parmi les actifs à Berlin, ce qui serait plus que la moyenne nationale.
"Notamment parce que les prix des appartements et des ateliers restent abordables comparé à ceux de Londres, Paris et New York", explique-t-il. 

Selon la société BulwienGesa, le prix moyen au mètre carré oscille entre 1.800 euros (pour un vieil appartement non rénové) et 2.900 (pour un appartement neuf). Les tarifs de Berlin sont quatre à cinq fois moins chers que ceux de Paris, estime Jürgen Michael Schick, porte-parole de la Fédération des agents immobiliers (IVD), ce qui laisse prévoir "une augmentation des prix".