La nouvelle taxe immobilière suscite un tollé en Grèce

Publié par Catherine Quintard le 15/09/2011 | Immobilières

Photo de l'article

La nouvelle taxe annoncée dimanche en Grèce sur la propriété immobilière pour combler le dérapage des comptes publics, dont seront exemptés églises et clubs de foot amateurs, a provoqué jeudi un tollé dans la presse grecque.

Dans un pays où le taux de propriétaires est l'un des plus élevés d'Europe (plus de 70%) et l'évasion fiscale un sport national, l'annonce d'une nouvelle taxe sur la propriété immobilière, dont le montant augmente de jour en jour, suscite une vague de réprobation alors que la récession et les déficits s'agravent.

La nouvelle taxe aura un montant variable en fonction de l'usage, de la taille et de la zone où se situe le bien immobilier.
Dimanche, le jour où elle a été annoncée, le montant maximum devait être de 10 euros par mètre carré, mais sous la pression des créanciers du pays, il a été remonté à 16 euros mercredi soir.

Au total, pour faire face à l'urgence, la taxe sera perçue via les factures d'électricité avec coupures de courant à la clé pour ceux qui ne paieront pas, et portera sur quelque 562 millions de M2, d'une valeur commerciale de 1.000 milliards d'euros.
 
Le chef de l'Eglise orthodoxe, non-séparée de l'Etat, Mgr Ieronymos, a quant à lui jugé nécessaire de préciser "pour éviter les malentendus" que l'Eglise n'avait pas demandé à être exemptée de cette taxe sur ses revenus provenant de son patrimoine locatif.Le ministère des Finances ayant stipulé vendredi que l'exemption ne concernait pas les biens locatifs de l'Eglise mais les lieux de cultes comme les églises et monastères ainsi que les "fondations", soit un important patrimoine.

L'immobilier est un investissement traditionnel en Grèce, fournissant des revenus d'appoint qui servent de bas de laine et de protection sociale pour une grande partie de la population.

Le Premier ministre Georges Papandréou a chiffré dimanche à 400 milliards d'euros la propriété immobilière des Grecs alors que la dette publique est de 350 milliards d'euros.
La nouvelle taxe a été décidée à la suite des pressions des créanciers du pays, l'UE et le FMI, pour accélérer les réformes et respecter les objectifs budgétaires de réduction du déficit et de la dette, afin de sécuriser la poursuite de leur aide financière.
 

Source AFP