Le PS fait ses propositions pour un "new deal urbain"

Publié par Catherine Quintard le 05/11/2010 | Immobilières

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Logement, banlieues, urbanisme, mixité sociale :
Le Parti socialiste présente samedi à Lille ses propositions en matière de politique de la ville, avec l'ambition de définir "un new deal urbain", à un an et demi de l'élection présidentielle. "Vivre en ville ne doit être ni une souffrance, ni un privilège de riches. La ville est pour tous", résume la secrétaire nationale Marianne Louis, en évoquant le projet qui a mobilisé pendant plus d'un an une dizaine d'experts (architectes, urbanistes, sociologues) aux côtés de responsables socialistes.

Une quarantaine de propositions seront dévoilées samedi lors du forum, auquel participera la première secrétaire et maire de Lille Martine Aubry. Nombre d'entre elles devraient concerner la politique du logement, et la mixité sociale, en passant notamment par une application volontariste de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain).

"Nous avons une conscience très aiguë de la priorité qui doit être donnée au logement, c'est l'urgence sociale la plus forte", explique Christian Paul, directeur du Laboratoire des idées du PS, qui a participé au projet. "L'application de la loi SRU est déterminante", renchérit Marianne Louis, en citant comme piste le renforcement des pénalités contre les communes qui ne se conforment pas à leurs obligations en matière de logement social. "Ces amendes aujourd'hui ne sont pas rédhibitoires, elles sont le prix que payent certaines villes pour rester dans l'entre-soi", explique Mme Louis, qui est aussi adjointe au maire d'Evry, Manuel Valls, chargée de l'urbanisme.

Dans la convention "Egalité réelle", au menu du parlement du PS la semaine prochaine, il est prévu de quintupler ces amendes, et de porter le taux obligatoire de logements sociaux dans chaque commune urbaine de "20 à 25%". La mixité sociale passe aussi par une "meilleure péréquation entre collectivités" et une "batterie d'outils et d'incitations fiscales" pour relocaliser activités économiques et services publics à proximité des
quartiers d'habitation, explique Christian Paul.

Avec pour objectif d'éviter les ghettos: "ghettos d'affaires, ghettos sociaux, mais aussi ghettos résidentiels, comme ces espaces pavillonnaires déshumanisés où le moindre supermarché est à des lieues à la ronde", indique-t-il.

La ville idéale selon le PS s'appuie aussi sur les "4P" : participation public privé population, poursuit M. Paul. "La participation citoyenne ne remplace pas les budgets, ni l'expertise, mais c'est un levier très puissant", explique le député de la Nièvre. Il cite les comités de ligne, instances régionales composées d'usagers du transport ferroviaire, d'élus locaux et de responsables SNCF, pour améliorer la qualité du service.

Au-delà des propositions, le forum de Lille se veut une réflexion sur la ville, intégrant l'environnement, les transports, la convivialité, dans un pays où plus de 50% de la population est citadine. "Le PS est très présent dans les villes françaises, par le biais de ses élus, mais on s'était un peu enfermé dans l'urbain, le technique. Ce projet nous a permis de reprendre un peu de distance, de travailler sur une vision globale", déclare Marianne Louis. "Par exemple, quand on réfléchit sur la banlieue, enjeu républicain majeur, il faut l'appréhender comme un élément à part entière de la ville. Pas comme ce truc indéfini qui se trouve entre la ville et la campagne", explique-t-elle.